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Bulletin
d’information de l’ARHNB - novembre 2008
Envisager
une autre façon de travailler
Theresa
Rose
Bien
des employés ont désormais accès à des
programmes de mieux-être dans leur milieu de travail. En effet,
de nombreux employeurs font la promotion de la santé, l’exercice
et la saine alimentation grâce à des initiatives telles
que des concours, de l’aide financière pour le conditionnement
physique, ainsi que des séances d’information au travail.
Actuellement, 67 pour cent des adhérents de régimes
de protection-santé canadiens estiment avoir une très
bonne, voire même excellente santé, alors que 88 pour
cent affirment bien se nourrir et faire de l’exercice régulièrement.1
En
théorie, investir dans le mieux-être est une situation
où tout le monde gagne : les employés obtiennent un
soutien pour améliorer leur santé, alors que les employeurs
jouissent des avantages d’avoir des travailleurs plus heureux
et en meilleure forme. Voilà maintenant des années
que nous parlons de mieux-être en milieu de travail et avons
été témoins de la mise en œuvre de divers
programmes, nous devrions donc voir une amélioration de la
santé globale des travailleurs canadiens, n’est-ce
pas?
Pas
du tout. Alors que les employés affirment mieux manger et
faire plus d’exercice, deux aspects importants dans la réduction
des symptômes du stress, cela ne semble pas suffisant. Selon
l’édition 2008 du Sondage sanofi-aventis sur les soins
de santé au Canada, 39 pour cent des participants ont avoué
vivre un niveau de stress accablant au travail, au point de se rendre
parfois physiquement malade. Cela représente une augmentation
de 14 pour cent depuis 2005.
Avons-nous
vraiment tout essayé pour diminuer les effets néfastes
du stress dans nos milieux de travail ? Ressentir de la pression
au travail est une réalité vécue par la plupart
des employés. Le stress peut même parfois jouer un
rôle de motivateur et améliorer la productivité.
Toutefois, il présente un potentiel de destruction et peut
être responsable de la dépression, de l’apparition
de dépendances et mener à l’épuisement,
à des maladies cardiovasculaires, à des problèmes
de digestion, d’hypertension ou de maux de dos.2
Selon
le Conseil canadien de la sécurité, les problèmes
de santé mentale représentent la catégorie
dont les coûts en matière d’invalidité
enregistrent la plus forte croissance au pays. Le fait d’ignorer
le stress en milieu de travail entraîne des problèmes
d’absentéisme, d’invalidité, de faible
productivité, ainsi qu’un roulement de personnel accru.
Que pouvons-nous accomplir pour réduire les répercussions
du stress et pourquoi les initiatives de mieux-être actuelles
n’interviennent pas efficacement dans cette situation?
L’absence
d’un réel changement dans la culture organisationnelle
joue un rôle considérable dans ce phénomène.
Donner l’exemple représente un élément
fondamental, quoique bien souvent négligé. Des études
ont clairement démontré que la direction exerce une
influence non seulement sur l’engagement des employés,
mais aussi sur leur santé. Avons-nous créé
des environnements qui mettent vraiment en valeur la satisfaction
au travail ou nous sommes-nous contentés d’instaurer
des initiatives de mieux-être sans nous interroger si elles
s’alignaient ou non avec la culture du milieu de travail et
venaient l’appuyer ? Dans la plupart des entreprises, on répondrait
par la négative.
Pour
que de telles initiatives fonctionnent, elles ont réellement
besoin d’un promoteur de mieux-être ; lequel prendra
le pouls de l’organisation. À l’ère de
l’électronique, soit des Blackberry, des téléphones
cellulaires, de la messagerie texte et des iPOD, nous sommes tous
« branchés » et il est difficile de
« descendre le volume » et d’engager de simples
conversations qui, autrefois, étaient la norme.
Au
Canada, on doit favoriser une culture de travail permettant aux
employés de mieux gérer leur temps et ultimement leur
stress. Voici quelques exemples ayant produit des résultats
concluants relativement à l’équilibre et à
la gestion du temps dans la vie des employés.
- Le
respect de la pause du midi : inciter les gens à quitter
leur bureau pour respirer un peu.
- Les
réunions : une vraie épidémie dans la plupart
des entreprises. On doit veiller à leur valeur et à
leur pertinence.
- La
possibilité d’établir des horaires flexibles.
- Les
évaluations des risques pour la santé : peuvent
jouer un rôle clé dans la compréhension de
l’ensemble des facteurs de risque.
- La
gestion des courriels et des Blackberry : aucune communication
après les heures de travail.
- La
technologie : voir à ce qu’elle ne nuise pas aux
relations.
- À
l’ère des appareils électroniques, s’allouer
un délai de réponse de 24 heures peut être
bénéfique afin d’éliminer les attentes
de réponses immédiates.
Les
employeurs doivent prendre le temps de réfléchir aux
petits changements qui pourraient produire un impact énorme
sur la qualité de leur environnement en modifiant la façon
dont les gens abordent la question du stress en milieu de travail.
1 Sondage sanofi-aventis sur les soins de
santé 2008 au Canada, page 4.
2 Conseil canadien de la sécurité, www.safety-coucil.org/info/OSH/mentalhealth.html
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