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L’engagement
est la clé qu’il faut pour gagner la guerre du talent
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Bulletin
d’information de l’ARHNB - novembre 2008
L’engagement
est la clé qu’il faut pour gagner la guerre du talent
Paul
Mansbridge
Une des préoccupations les plus communes
chez les PDG et les premiers praticiens en ressources humaines est
le défi continuel d’attirer et de retenir des personnes
talentueuses au sein de rôles clés, soit un défi
populairement connu comme la guerre du talent.
Toutefois, gagner les cœurs et l’approbation
des employés au bas de l’échelle qui ne font
pas partie de ces discussions est peut-être la question la
plus importante et essentielle à considérer. Bien
qu’il faut absolument voir à attirer des individus
performants pour les postes cadres et les postes spécialisés,
la réussite à long terme et la capacité à
retenir les employés vedettes d’une entreprise, surtout
quand menacée par de nouveaux entrants puissants sur le marché,
dépendent sur une main-d’œuvre hautement motivée
et engagée.
Au cours des dernières années,
mesurer les attitudes des employés au sein d’une entreprise
est devenu une science. On parle maintenant « d’engagement
» plutôt que de sondages d’opinion auprès
des employés ou d’indices de satisfaction traditionnels.
Cette évolution découle du fait que les organisations
s’attendent à ce qu’elles puissent responsabiliser
leurs experts en capital humain et mesurer les résultats
de leurs stratégies et leur objectifs. Elles veulent mieux
connaître l’impact de l’engagement des employés
sur la croissance potentielle des entreprises à forte densité
de main-d’œuvre.
Ce qu’il y a de plus surprenant compte
tenu de la présence de preuves qui ne cessent de se multiplier,
c’est que lorsque les cadres se mettent à réfléchir
sur la concurrence connue et émergente, la question du niveau
d’engagement des employés n’apparaît presque
jamais sur le tableau de présentation de la session de planification
où l’on identifie l’entreprise qui est à
la tête du marché. Selon les résultats d’une
étude publiée en 2004 sur soixante sociétés
chefs de file de partout au monde, les entreprises qui ont une main-d’œuvre
hautement engagée affichent régulièrement un
taux de productivité plus élevé (de 20 %) que
celui des entreprises qui ne s’occupent pas de leurs relations
avec leurs employés. Si l’on considère les conséquences
d’un gain de productivité de 20 %, il faut conclure
que pour les entreprises qui désirent investir dans un programme
qui contribue à améliorer l’engagement des employés,
d’importants avantages concurrentiels sont possibles.
L’engagement des employés, une
approche probante dans l’évaluation de l’efficacité
des employés, est très bien défini par le Institute
for Employment Studies, un groupe de recherche britannique associé
avec le University of Sussex. « C’est une attitude positive
de la part des employés envers l’organisation et ses
valeurs. Un employé engagé est au courant du cadre
de fonctionnement des affaires. Il travaille avec ses collègues
pour améliorer son rendement au sein de son emploi afin que
l’organisation puisse en profiter. L’organisation doit
travailler à développer et à appuyer le processus
d’engagement des employés qui exige une communication
bidirectionnelle entre l’employeur et l’employé
».
En
examinant cette question, il est important de considérer
si la main-d’œuvre est représentée ou non
par un syndicat. Dans la majorité des cas, la tendance est,
s’il s’agit de milieux non-syndiqués, de s’investir
davantage dans la communication avec les employés et les
programmes d’engagement. En fait, il est probablement ainsi
car on veut justement éviter que le milieu devienne syndiqué.
Toutefois, on peut également affirmer le contraire - qu’il
est encore plus important de développer une bonne relation
entre une entreprise et ses employés lorsqu’il s’agit
d’un milieu syndiqué car l’investissement peut
effectivement neutraliser les désavantages perçus
concernant les opérations et les coûts et permettre
une conversation basée sur la confiance pendant les périodes
critiques de changements ou de difficultés.
Il existe beaucoup d’exemples d’organisations,
de petite et de grande taille, qui ont appliqué avec succès
des stratégies d’engagement des employés. Ces
stratégies forment la base sur laquelle se fondent les valeurs
de l’entreprise et sont critiques à son succès.
Une philosophie d’engagement qui existe uniquement au sein
des objectifs des fonctions RH et qui ne s’étend pas
aux gestionnaires responsables des relations avec les employés
sera vouée à échec. Dans les nombreuses analyses
compilées au cours des années sur Wal-Mart, le plus
important employeur privé au monde avec ses 1.5 millions
« associés », on attribue rarement son avantage
concurrentiel à sa stratégie de main-d’œuvre.
En fait, au-delà des approches bien documentées sur
la gestion des coûts et la gestion des relations avec les
fournisseurs, l’avantage dont bénéficie Wal-Mart
et non ses compétiteurs est son approche disciplinée
et constante par rapport au développement de bonnes relations
avec ses employés. Lorsque les gestionnaires sont évalués
chez Wal-Mart, l’importance mis sur leur bonne gestion du
personnel est équivalente à leurs autres indices de
rendement.
Les
cinq clés nécessaires pour un engagement optimal
Analyse
Choisir le bon outil pour évaluer le niveau d’engagement
de l’employé est très important. Puisque cette
approche est basée sur un montant de recherches fort considérable,
les organisations doivent résister à la tentation
de modifier et de réviser les questions qui se trouvent au
sein de l’outil choisi. Toute modification considérable
atténuera la pertinence des données et annulera toute
possibilité de comparer les résultats à ceux
de l’industrie. Les produits disponibles sur le marché
peuvent fluctuer d’une qualité passable à une
qualité supérieure. Par conséquent, investir
dans un produit supérieur améliorera la pertinence
des données recueillies. Également d’importance
est le développement d’un plan pour adresser les résultats
des sondages afin de montrer que l’organisation est prête
et est capable d’améliorer les choses à court
terme et à répondre aux changements comportementaux
à apporter à moyen et à long terme.
Vision
c. projet
Bien qu’on y réfère souvent comme un projet
ou un objectif, le changement nécessaire pour améliorer
l’engagement des employés de façon soutenue
doit faire partie de la base sur laquelle se fonde la culture de
l’organisation et figurer au sein de chaque relation interne.
Si l’évaluation de l’engagement révèle
un écart considérable, le trajet sera plus long et
il faudra déterminer le niveau d’acceptation du leadership.
Les leaders d’opinion clés doivent être tenus
responsables des forces dynamiques qui permettent un changement
de comportement organisationnel.
Communication
La pierre angulaire de toute main-d’œuvre engagée
est la communication pertinente et régulière entre
l’organisation et ses employés. La plupart des organisations
font un effort raisonnable pour communiquer avec leurs employés,
mais peu d’entre elles encouragent et développent le
feedback. Parmi les facteurs les plus essentiels et les plus difficiles
à atteindre au moment de poursuivre un meilleur engagement
de la part des employés, mentionnons les opportunités
où les employés peuvent partager leurs opinions et
participer au processus de la prise de décision. En plus
de répondre aux besoins de leurs mandants, les employeurs
qui choisissent de faire cet investissement bénéficient
également de l’expérience de première
ligne des clients.
Représentation
et possibilité
Conformément à l’élaboration d’un
programme de communication bidirectionnelle, l’engagement
est davantage embelli quand les employés siègent à
la table, aident à planifier leur propre avenir et celui
de l’entreprise. Bâtir des systèmes qui permettent
à ces partenariats de s’épanouir dépendra
de la taille, de la complexité et de la structure de l’entreprise.
Les employés engagés sont confiants que leurs contributions
ordinaires et additionnelles seront reconnues et qu’on leur
donnera la possibilité de croissance professionnelle peu
importe leur statut au sein de l’organisation.
Leadership
et confiance
Bien que le succès d’une stratégie d’engagement
dépend du niveau de son acceptation, c’est clairement
au leadership d’établir le ton de celle-ci. Si l’engagement
passe ou non dans la culture organisationnelle dépendra du
niveau de confiance ressentie par les employés dans leur
relation ou connexion personnelle avec les dirigeants de l’entreprise.
Les dirigeants d’entreprises engagées inspirent confiance,
responsabilisent, encouragent, communiquent et démontrent
leur intérêt dans la santé et le bien-être
de leurs employés.
Pendant que les dirigeants d’entreprises
canadiennes continuent à poursuivre leurs efforts d’attirer
et de retenir les meilleurs talents au sein d’une main-d’œuvre
décroissante, les entreprises de classe mondiale bénéficient
d’un avantage concurrentiel puisqu’elles ont appris
que la tâche est beaucoup moins difficile lorsque vos employés
sont pleinement engagés.
Paul Mansbridge,
CRHA a plus de vingt-deux ans d’expérience à
titre de premier praticien en ressources humaines au sein de deux
des plus importantes entreprises au Canada. Vous pouvez rejoindre
Paul à smansbridge@rogers.com
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