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Bulletins | juin 2007 | English Version

 

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Bulletin d’information de l’ARHNB - printemps 2007

La toxicomanie : est-ce un risque à la sécurité au travail?
Nicholas Barry

Il y a quelques semaines, je parlais à un gestionnaire des ressources humaines à propos d’un employé qui travaillait au sein de son entreprise. Cet employé conduisait un véhicule de la compagnie et il y avait eu plusieurs plaintes effectuées par les autres employés à l’effet que son haleine sentait l’alcool à divers instants au cours de la journée. Le gestionnaire disait que l’employé était à la veille d’admettre qu’il avait un problème. Ils pourraient alors agir. J’ai demandé au gestionnaire : « Qu’arriverait-il si l’employé tuait un enfant au cours d’un accident de la route avant qu’il admette qu’il avait un problème et que vous étiez au courant de ce grave problème de sécurité? ». « Je comprends ce que vous dites », me dit-il, « que feriez-vous? » Je lui ai suggéré de retirer immédiatement l’employé du véhicule jusqu’à ce qu’il puisse être évalué par un spécialiste en toxicomanie (ST) qui pourrait alors faire une recommandation à son effet. Le spécialiste recommanderait alors un programme de traitement ou d’éducation selon la nature et la gravité du problème. L’entreprise aurait alors un plan de traitement concret et les documents nécessaires pour supporter toute action future.

Le gestionnaire s’inquiétait des droits de la personne de l’employé. Moi, je m’inquiétais pour les enfants ou autres qui auraient pu être tués ou mutilés si rien n’était fait pendant que les gens attendaient qu’il demande de l’aide par lui-même. Ma première préoccupation en tant que spécialiste en toxicomanie est la sécurité du public et des autres employés qui travaillent avec un employé toxicomane. Les droits de l’employé sont secondaires quand il s’agit de la sécurité des autres. Il faut adresser les problèmes de sécurité en premier.

Quelles sont les raisons valables qui permettraient de demander à un employé de se soumettre à une évaluation par un spécialiste en toxicomanie? En tant que gestionnaire, quels sont les signes à surveiller par rapport à l’employé en question?

  • La senteur d’alcool sur son haleine (signe très en évidence et très sérieux)
  • Conduite en état d’ivresse ou autres poursuites liées à l’alcool ou aux drogues
  • Des symptômes physiologiques et physiques qui peuvent être identifiables si l’on apprend à les connaître
  • Un comportement erratique au travail, surtout, lorsque manifesté par une personne qui était autrefois très compétente dans son travail (regardez pour des changements)
  • Un taux d’absentéisme élevé peut être un indice significatif que la personne a un problème quelconque.
  • Les rumeurs peuvent aussi être utiles. Elles peuvent vous aider à établir un cycle de comportement si vous en attendez suffisamment.
  • De mauvaises excuses sur pourquoi ils se sont absentés ou n’ont pas terminé les tâches à exécuter.
  • Instabilité des émotions ou problèmes avec les autres employés.

(Sur mon site Web, j’ai une liste appelée « Liste de vérification à l’intention des gestionnaires » qui donne plusieurs des indices plus subtils.

Comment savoir s’il s’agit d’un problème de toxicomanie? En réalité, vous ne savez pas s’il s’agit d’un penchant malsain. Vous ne le saurez pas jusqu’à ce que l’individu soit évalué par un professionnel. Vous pouvez le soupçonner. Mais à moins que vous ayez des connaissances spécialisées ou une formation dans la matière, vous ne pourrez pas diagnostiquer le problème vous-même. De toute façon, vous ne voulez sûrement pas connaître toutes ces renseignements personnels. Et tout probablement, l’employé, lui non plus, ne voudrait pas les partager avec vous. Les renseignements partagés lors de l’évaluation doivent être gardés par une tierce partie pour des raisons de confidentialité. Voilà une autre raison de consulter un spécialiste en toxicomanie.

Si vous pensez qu’il y a quelque chose qui cloche, ou qu’il y a une infraction à la politique ou que l’individu en question a un problème de drogues ou d’alcool, vous devriez être en train de documenter le comportement. Vous devez établir une preuve qu’il y a quelque chose qui ne va pas et qu’il s’agit d’une hypothèse raisonnable de penser qu’il peut s’agir d’un problème de toxicomanie. Remédier aux infractions à la politique ou améliorer le comportement de l’employé font partie de vos fonctions. C’est votre travail. Il s’agit d’une intervention axée sur une solution. Qu’il s’agisse ou non d’un problème de dépendance, vous devez l’adresser et prendre les mesures nécessaires pour y corriger. L’évaluation effectuée par un
professionnel vous dirigera vers une solution. La personne peut soit accepter l’aide ou non. Allez-vous laisser quelqu’un travailler avec la senteur d’alcool sur leur haleine ou briser les règlements de l’entreprise sans y faire suite? C’est tout à fait raisonnable de demander aux gens d’être responsables de leurs comportements, surtout lorsque leurs comportements ont le potentiel de blesser les employés ou autres.

Au cours de mes conférences, on m’a fait part de situations horribles apparemment tolérées par les employés et les gestionnaires qui, selon moi, pourraient être réglées en prenant certaines mesures. Ma conférence en milieu de travail a une diapositive qui dit : « les toxicomanes ne demandent pas d’aide parce qu’ils voient tout soudainement la situation au clair. Ils la demandent parce que ça commence à chauffer ». Pendant les 22 ans que j’ai travaillé au sein du domaine de la toxicomanie, cette affirmation s’est montrée particulièrement vraie, surtout dans les cas où les gens essayaient réellement d’aider. Toutes les personnes que j’ai personnellement connues ou dont j’ai entendu parlées qui se sont remises de leur toxicomanie n’ont fait le nécessaire que lorsqu’elles étaient à leur point le plus bas, jamais quand elles roulaient bien. Quelque chose est arrivée dans leur vie qui leur a montré qu’il y a avait un problème. Le milieu du travail est un endroit unique car il peut influencer un employé à se regarder lui-même ou elle-même pendant suffisamment longtemps pour constater qu’il existe un problème. Ils ont alors le choix d’agir ou non. J’ai beaucoup de cas succès et autres renseignements qui peuvent faciliter votre travail. Sentez-vous libre de consulter mon site Web.

Nicholas Barry est un professionnel en toxicomanie. Il travaille à Saint John, au Nouveau-Brunswick. Il travaille comme thérapeute et anime également des ateliers sur « La toxicomanie en milieu de travail » à l’intention des gestionnaires qui cherchent des solutions à ce problème de plus en plus important.

Nicholas Barry, MSW, ICADC
Addiction Consulting Services
451, rangée Ridge, Saint John, N.-B.
Canada E2M 4A2
Téléphone : 506-672-2618
Télécopieur : 506-672-2619

Courriel : nick@addictionconsulting.com
Site Web : www.addictionconsulting.com