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Bulletin
d’information de l’ARHNB - décembre 2007
8
règlements pour diriger le changement
George Raine
Bien
gérer le changement peut être une question de vie ou
de mort en ce qui est de la carrière d’un gestionnaire.
Au
cours des trois dernières années qui ont suivi le
lancement de mon cabinet de consultation, j’ai eu la possibilité
de travailler avec de petites et de grandes entreprises des deux
côtés de la frontière au cours de leurs efforts
d’adaptation au changement. J’ai vu la carrière
de gestionnaires inconnus s’épanouir parce que le changement
avait ressorti et accentué leurs qualités de leadership.
Et j’ai vu la carrière de gestionnaires autrefois très
réussis s’écrouler sous le fardeau du changement
car ils refusaient de quitter la sécurité du statut
quo.
Plus
de 500 ans passés, Niccolo Machiavelli a parlé de
comment il était difficile de diriger le changement. Né
à Florence en 1469, Machiavelli est devenu le conseiller
politique de la puissante famille Medici. En 1512, il a écrit
le célèbre traité, Le Prince, dans lequel il
résumait pour ses protecteurs les principes qui permettraient
de diriger les gens au sein du monde dangereux et traître
de la renaissance italienne. Dans Le Prince, Machiavelli dit ce
qui suit sur les difficultés liées à diriger
le changement:
«
et l'on doit remarquer qu'en effet il n'y a point d'entreprise
plus difficile à conduire, plus incertaine quant au succès,
et plus dangereuse que celle d'introduire de nouvelles institutions.
Celui qui s'y engage a pour ennemis tous ceux qui profitaient
des institutions anciennes, et il ne trouve que de tièdes
défenseurs dans ceux pour qui les nouvelles seraient utiles.
Cette tiédeur, au reste, leur vient de deux causes : la
première est la peur qu'ils ont de leurs adversaires, lesquels
ont en leur faveur les lois existantes; la seconde est l'incrédulité
commune à tous les hommes, qui ne veulent croire à
la bonté des choses nouvelles que lorsqu'ils en ont été
bien convaincus par l'expérience. »
Bien
que Machiavelli parlait de l’introduction de nouvelles lois
au sein d’un territoire conquis, ces propos auraient aussi
bien pu s’appliquer à l’adoption d’une
nouvelle stratégie au sein d’une entreprise en difficulté
ou à l’introduction d’un nouveau modèle
de gestion dans un milieu de travail défavorable. Il est
vrai que diriger le changement implique une bonne concentration,
une forte volonté et du tact, mais le changement demande
surtout aux leaders d’avoir suffisamment de courage pour aller
de l’avant et de quitter leur zone de sécurité.
Voici
huit règlements en matière de leadership que j’aime
appliquer lorsque je dirige une équipe à travers d’une
période de changement.
1.
Être visible
Sir
Archibald Wavell, un célèbre feld-maréchal
britannique, a écrit un guide à l’intention
des officiers juniors de l’armée intitulé “Ten
Commandments for Junior Leaders.” Le premier commandement
selon Wavell s’énonce comme suit:
Soyez
avec vos gens autant que possible et impressionnez-les.
Les
leaders peuvent se montrer à leur meilleur pendant les temps
de changement. Mais bien diriger le changement est un art assez
personnel. Vous devez le faire en personne. Les bons leaders de
changement passent au moins deux heures par jour sur les communications
personnelles, les visites en milieu de travail, le partage de réponses
et la démonstration de confiance. Les bons leaders osent
se faire associer au changement. Les mauvais leaders se cachent
plutôt du changement dans leur bureau.
2.
Communiquer plutôt trop que pas assez
Les
mauvais leaders se plaignent souvent que les gens devraient déjà
savoir ce qui se passe parce qu’on leur a en a déjà
parlé une fois ou deux.
Les
bons leaders savent que communiquer avec les employés est
semblable aux annonces publicitaires : la répétition
est une vertu [sauf, peut être dans les cas des annonces de
confrontations]. Ils communiquent ouvertement et honnêtement
à propos des changements qui s’en viennent. Ils donnent
autant de détails que possible. Ils expliquent les raisons
qui poussent les changements et les plans qui en découlent.
Et, ils savent qu’une communication efficace implique que
la même histoire soit racontée à maintes reprises
selon différentes méthodes.
3.
Donner aux gens une structure à laquelle ils peuvent s’accrocher
lors de temps incertains
La
vieille manière de faire les choses attribuait une structure
et une identité aux gens. Ils savaient quels étaient
les règlements. Ils savaient où aller et que faire.
C’est alors qu’est arrivé le changement.
Lors
de changements, les gens veulent savoir où ils se situent
dans le grand portrait. Ils ne veulent pas entendre les mots «
je ne sais pas », ou « je vous reviendrai là-dessus
» ou « faites ce qui vous semble bon ». Ils vont
se tourner vers leurs leaders pour qu’on les rassure que tout
va bien aller et que l’univers se déroule comme il
le devrait!
Pendant
les temps de changement, les leaders doivent adopter un style plus
dirigeant. Les gens ont souvent peur du changement et peuvent se
sentir paralysés par celui-ci. Ils se mettent à spéculer
sur le long terme. Ils essaient de regarder trop loin en avant,
ce qui n’est pas réaliste. Pendant l’initiation
du changement, les bons leaders aident les gens à se concentrer
sur ce qui est important tout de suite. Ils fixent des buts simples,
clairs et précis et les gèrent vigoureusement.
4.
Réagir rapidement.
Pendant
les périodes de changement, les rumeurs se propageront à
un rythme accéléré. Les gens adorent spéculer.
L’entreprise dans son ensemble sera renversée par la
nouvelle. Les bons leaders savent que les choses sont déjà
assez désorganisées et verront à agir rapidement
et avec conviction. Ils savent qu’ils ne pourront pas adresser
et diminuer la perturbation s’ils réagissent lentement.
S’il faut modifier des postes ou s’il faut mettre du
personnel à pied, les leaders efficaces s’y mettent
aussi rapidement que possible.
5.
Encourager les gens à travailler les uns avec les autres
Lorsque
le changement affecte la structure, par exemple dans les cas d’une
fusion, d’une vente ou d’une acquisition d’entreprise,
les employés de première ligne sont souvent oubliés.
Les mauvais leaders gardent la prise de décision au niveau
exécutif et ignorent et isolent les employés de première
ligne.
Les
bons leaders voient à faire participer les employés
de première ligne. Ils s’assurent que les gens qui
doivent travailler les uns avec les autres aient la chance de se
rencontrer en personne. Ils créent des équipes de
transition à l’intention des premières lignes.
6.
Être têtu
Lorsque
les leaders présentent un changement, ils vont certainement
faire face à un certain niveau de friction. Un grand nombre
de gens se mettront à argumenter que le changement doit se
faire plus lentement et à plus petite échelle. Les
leaders se verront pousser à reconsidérer leurs décisions
et à faire plusieurs exceptions. Les gens diront des choses
comme, « George a de la difficulté à accepter
l’idée de remplir un nouveau rôle. » Les
bons leaders savent qu’ils doivent se montrer humains, mais
s’ils se montrent trop doux, cela nuira à l’entreprise
au long terme.
7.
Déterminer qui est responsable de quoi
Les
changements majeurs détruisent les organigrammes organisationnels
informels – ceux qui déterminent « comment les
choses sont vraiment faites ici. » Les organigrammes informels
ont probablement pris plusieurs décennies à se former.
C’est comme un casse-tête complexe à lequel il
manque maintenant des morceaux.
Les
bons leaders savent qu’ils ont tort de dire aux employés
« réglez-les vous-mêmes ». Laissés
à eux-mêmes, les employés agressifs monopoliseront
le pouvoir jusqu’au point de devenir problématique,
tandis que les employés plus prudents ne feront que la moitié
de ce qu’ils pourraient faire. Les bons leaders du changement
prennent le temps de rencontrer les gens qui font le travail et
de comprendre comment le travail est fait. Ils décident qui
est responsable de quoi et qui sera responsable des communications,
de la coordination et de la surveillance.
8.
Réunir toute l’équipe de leadership sur la même
page
Introduire
le changement fait penser au poème classique The Blind Men
and the Elephant. Chaque employé [et si vous n’êtes
pas prudent, chaque gestionnaire] interprètera le changement
d’une manière différente. Sans surveillance,
chaque employé développera sa propre explication du
changement. Avant trop longtemps, les malentendus apparaîtront.
Les bons leaders préparent l’équipe de gestion
en s’assurant qu’ils racontent tous la même histoire
en se servant des mêmes mots.
George
Raine est le Président de Montana HR Services (www.montanahr.com),
un cabinet de consultants situé à Moncton se spécialisant
dans l’organisation du milieu du travail et des systèmes
du milieu de travail, les relations industrielles et la formation
en leadership et en surveillance faite sur mesure.
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