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Bulletin
d’information de l’ARHNB - décembre 2007
Violence
en milieu de travail
fourni par Hubert Pickard, CRHA
Qu’est-ce
que la violence en milieu de travail?
On
pense ordinairement que la violence est strictement une question
d’agression physique, mais cette question revêt un aspect
beaucoup plus étendu en milieu de travail. Il faut alors
considérer qu’il y a violence dans tous les cas comme
les suivants, où une personne se sent maltraitée,
menacée, intimidée ou agressée dans le contexte
de son travail :
- comportement
menaçant – gestes du poing, destruction matérielle,
objets lancés
- menaces
orales ou écrites – toute expression d’une
intention d’infliger du mal
- harcèlement
– tout comportement qui abaisse une personne, l’humilie,
la gêne, l’inquiète, l’ennui ou l’injurie,
que cela soit par des mots, des gestes, de l’intimidation,
de la contrainte ou d’autres activités inappropriées.
- excès
verbaux – jurons, insultes ou langage condescendant
- agression
physique – coups portés de la main ou du pied, poussées,
bousculade
La
violence en milieu de travail peut prendre des formes aussi diverses
que les rumeurs, les jurons, les injures, les mauvais coups, les
chicanes, les dommages matériels, le vandalisme, le sabotage,
la bousculade, le vol, l’agression physique ou psychologique,
les accès de colère, le viol, l’incendie volontaire
et le meurtre.
On peut considérer qu’il y a violence reliée
au travail même si l’employé ne se trouve pas
sur ses lieux de travail ordinaires. La violence peut en effet survenir
lorsqu’un employé travaille hors les lieux, qu’il
agit à titre professionnel ailleurs qu’au travail (p.
ex., conférences, foires commerciales), qu’il assiste
à des mondanités reliées au travail, qu’il
se trouve chez un client ou qu’il est à domicile lorsque
survient un incident relié à son travail (p. ex.,
menaces adressées par un client au téléphone).
Quels
sont les facteurs professionnels qui augmentent le risque de violence?
Il y a des procédés, des relations et d’autres
facteurs professionnels qui augmente le risque de violence en milieu
de travail. Citons comme exemples :
-
le travail avec le public
- la
manutention d’argent comptant, d’objets de valeur
ou de médicaments (par ex., caissiers, pharmaciens)
- la
tenue d’inspections ou d’application des règlements
(par ex. fonctionnaires)
- la
prestation de services, soins, conseils ou formation (par ex.,
soins médicaux, enseignement)
- le
travail avec des personnes instables (par ex., service social
ou justice pénale)
- le
travail dans des débits d’alcool (par ex., service
aux tables)
- le
travail seul ou en petit nombre (par ex., commis de dépanneurs,
agents d’immeuble) ou dans des endroits à peu de
circulation (par ex., les salles de bains, les entrepôts,
les locaux d’entretien)
- le
travail communautaire (par ex., infirmiers, travailleurs sociaux
et soignants à domicile)
- les
lieux de travail mobiles (par ex., chauffeurs de taxi)
- le
travail en période de changement organisationnel intense
(par ex., grève, compression du personnel)
Le
risque de violence peut être plus grand à certaines
heures du jour ou de la nuit ou à certains temps de l’année,
par exemple :
- tard
le soir et aux petites heures du matin
- temps
des déclarations pour fins d’impôts
- échéance
des comptes de services publics
- Noël
-
jours de paye
- temps
des bulletins et des rencontres avec les parents
- temps
des évaluations du rendement
Le
risque de violence peut augmenter selon l’emplacement du lieu
de travail, par exemple,
- proche
d’immeubles ou de commerces où le risque de violence
est élevé (par ex. bars, banques)
- dans
un endroit éloigné de tout autre immeuble ou structure
Quels
sont les groupes professionnels exposés à un risque
plus élevé de violence en milieu de travail?
Certaines
professions, comme les suivantes, ont tendance à présenter
un risque de violence plus élevé que les autres :
- travailleurs
de soins de santé
- agents
de services correctionnels
- employés
des services sociaux
- enseignants
- inspecteurs
municipaux des logements
- employés
des travaux publics
- employés
du commerce au détail
Comment
savoir si mon milieu de travail est à risque?
Prenez
connaissance des antécédents de violence dans votre
lieu de travail particulier.
- Demandez
aux autres employés quelle a été leur expérience
et s’ils sont inquiets de leur propre sécurité
ou de celle des autres.
- Analysez
tout incident de violence en consultant les rapports d’incidents,
les dossiers de premiers soins et les fiches de votre comité
santé sécurité.
- Déterminez
si votre lieu de travail présente les facteurs de risque
reliés à la violence.
- Faite
une inspection visuelle de vos lieux de travail et des activités
qui s’y déroulent, concentrant votre attention sur
la conception et l’aménagement des lieux ainsi que
sur les pratiques administratives et pratiques de travail observées.
Évaluez
les antécédents de violence dans des lieux de travail
semblables.
- Renseignez-vous
auprès des organismes cadres auxquels vous appartenez,
par ex., votre association industrielle, la commission des accidents
du travail, votre syndicat ou les responsables de santé
sécurité.
- Demandez
conseil aux experts en sécurité de vos services
policiers régionaux.
- Lisez
les publications pertinentes.
- Collectionnez
les articles de journaux et des revues sur la violence dans votre
industrie.
Organisez
et analysez l’information que vous avez recueillie. Cherchez
des tendances et identifiez des tâches et des emplacements
que vous considérez plus exposés aux risques. Enregistrez
les résultats de votre évaluation et utilisez ce document
pour mettre au point un programme de prévention renfermant
des recommandations spécifiques pour réduire le risque
de violence dans votre milieu de travail.
Comment
puis-je prévenir la violence dans mon milieu de travail?
La
plus importante partie de tout programme de prévention de
la violence en milieu de travail est l’engagement de la direction.
Pour bien faire, cet engagement doit être exprimé sous
forme d’une politique écrite qui présente les
aspects suivants :
- être
élaborée par des représentants de la direction
et des employés
- s’appliquer
à la direction, aux employés, aux clients, aux entrepreneurs
indépendants et à quiconque entretient une relation
quelconque avec votre entreprise
- définir
en langage précis et concret ce que signifie pour vous
la violence en milieu de travail
- donner
des exemples clairs de comportements et de conditions de travail
inacceptables
- énoncer
clairement l’attitude de votre entreprise envers la violence
reliée au travail et l’engagement de la direction
à prévenir ce genre de violence
- préciser
les conséquences pour quiconque profère des menaces
ou commet des actes de violence
- esquisser
le procédé de mise au point des mesures préventives
- encourager
la déclaration de tout incident de violence
- désigner
les personnes et le procédé confidentiel qui permettent
aux employés de déclarer les incidents de violence
- donner
l’assurance qu’il n’y aura pas de représailles
contre les employés qui déclarent les incidents
de violence
- esquisser
les procédures d’enquêtes et de résolution
des plaintes
- décrire
comment les risques éventuels de violence seront communiqués
aux employés
- exprimer
l’engagement à donner des services de soutien aux
victimes de violence
- offrir
un Programme d’aide aux employés (PAE) dont ceux-ci
pourront se prévaloir confidentiellement pour obtenir de
l’aide dans leurs difficultés personnelles
- préciser
l’engagement de la compagnie à fournir la formation
nécessaire sur la prévention de la violence à
tous les niveaux de son personnel
- formuler
un engagement à contrôler et à réviser
régulièrement la politique sur la violence
-
citer les exigences règlementaires applicables
Quels
sont les avantages d’une politique écrite sur la violence,
le harcèlement et les comportements inacceptables en milieu
de travail?
Une
politique écrite informe les employés sur ce qui suit
:
- quels
sont les comportements (par ex., violence, intimidation, menaces,
harcèlement) que la direction considère inappropriés
en milieu de travail
- que
faire s’il se produit un incident visé par la politique,
et
- à
qui s’adresser pour déclarer les incidents
Une
telle politique sert aussi à encourager les employés
à déclarer les incidents et elle démontre l’engagement
de la direction à intervenir en cas de violence, de harcèlement
ou d’autre comportement inacceptable. Certains employeurs,
désirant faire mieux que de répondre strictement aux
exigences, ajoutant à leur politique un article concernant
le « l’harcèlement personnel ». Ce genre
de harcèlement est couvert par la définition d’usage
– comportement qui abaisse, humilie ou gêne une personne
– mais il n’est pas visé par la législation
sur les droits de la personne qui spécifie le harcèlement
fondé sur la race, l’origine ethnique, la religion,
le sexe, etc.
Pourriez-vous
me donner des exemples de mesures préventives?
Les
mesures préventives se classent ordinairement en trois catégories
: conception des lieux de travail, les pratiques administratives
et pratiques de travail.
Le
conception des lieux de travail traite de facteurs comme l’aménagement,
la disposition, l’emploi d’affiches, le verrouillage
ou les obstacles physiques, l’éclairage et la surveillance
électronique. La sécurité des immeubles est
un domaine où les questions de conception sont très
importantes. Il faut, par exemple, considérer ce qui suit
:
- mettre
les aires de réception, de vente et de service à
la clientèle à des endroits où les autres
employés et le public peuvent voir ce qui se passe
-
placer le mobilier de manière à ce que l’employé
soit plus près de la sortie que le client et qu’il
ne puisse être coincé.
- installer
des barrières physiques, par ex., des guichets cloisonnés
ou des enceintes à l’épreuve des balles
- avoir
aussi peu d’entrées que possible donnant accès
aux lieux de travail
- utiliser
des cartes ou des clés codées pour contrôler
l’accès à l’immeuble ou à certaines
aires
- avoir
un éclairage extérieur suffisant autour de l’immeuble
et près des entrées
- placer
des clôtures stratégiquement pour contrôler
l’accès aux lieux de travail
Les
pratiques administratives découlent des décisions
que vous prenez sur la conduite de vos affaires. Par exemple, si
vous désirez réduire le risque occasionné par
la manutention d’argent comptant, vous pouvez adopter des
pratiques administratives comme les suivantes :
- garder
aussi peu d’argent que possible dans les caisses
-
utiliser des systèmes de paiement électronique pour
réduire la quantité d’argent en mains
- faire
les relèves de caisse à des heures différentes
- installer
et utiliser un coffre-fort de dépôt provisoire
- faire
dépouiller la caisse régulièrement par une
firme de sécurité autorisée
Les
pratiques de travail concernent la façon dont vous vous y
prenez pour exécuter votre travail. Les gens qui ne travaillent
pas dans un milieu conventionnel, par exemple les agents d’immeubles
et les gens qui donnent des soins à domicile, peuvent adopter
différentes pratiques de travail, comme les suivantes, pour
réduire le risque :
- dresser
un plan de travail quotidien pour que les gens sachent où
vous devez vous trouver à des heures données
- désigner
une personne contact au bureau et une personne de secours
- tenir
votre personne contacte au courant de vos allées et venues
et respecter votre itinéraire
- vérifier
les pièces d’identité de vos clients
- travailler
en duo, surtout lorsque vos sentez que votre sécurité
personnelle est menacée
- NE
PAS entrer dans une situation ou un endroit où vous vous
sentez menacé ou hors de sécurité
Y
a-t-il de la législation spécifique sur la prévention
de la violence en milieu de travail?
Dans
la plupart des administrations canadiennes, la législation
santé sécurité au travail comprend une disposition
de « devoir général de diligence » voulant
que les employeurs prennent toutes les précautions raisonnables
pour protéger la santé et la sécurité
de leurs employés. Vous trouverez des renseignements additionnels
à ce sujet sur notre site Web Réponses « Législation
en matière d’HST – Diligence raisonnable ».
Cette disposition comprendrait la protection des employés
contre un risque connu de violence en milieu de travail.
La
plupart des administrations Nord-américaines ont aussi de
la législation contre le harcèlement, les menaces
et l’agression physique.
Bien
des législations internationales santé sécurité
comprennent aussi une clause de « Responsabilité générale
» voulant que les employeurs protègent leurs employés
contre les risques connus.
ARTICLE
REPRIS AVEC LA PERMISSION DE CCHST.CANADA
Pour de plus amples renseignements sur comment créer un programme
de prévention de la violence pour votre milieu de travail,
veuillez communiquer avec :
Hubert Pickard, BA, MPA, CRHA
Conseiller principal / Propriétaire
H. Pickard & Associates
Bureau 304, 181, rue Westmorland
Fredericton (N.-B.) E3B 3L6
Tél. : 455-1574 Télécopieur : 454-4593
Courriel : pickardh@nbnet.nb.ca
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